Oosterweel | Passé
Retour sur les origines du projet Oosterweel.
AEC
21 mai, 2026 | Thomas Bettens
Construire sur un mouchoir de poche, au cœur d’Anvers
La liaison Oosterweel est bien plus qu’un projet d’infrastructure. Il s’agit de l’un des chantiers urbains les plus vastes et les plus complexes d’Europe, au cœur d’une région densément peuplée où mobilité, qualité de vie, sécurité et activité économique sont en permanence étroitement liées.
Lantis travaille à la finalisation du ring d’Anvers grâce à une nouvelle traversée de l’Escaut, des tunnels, des échangeurs et un réaménagement de grande ampleur des espaces environnants. En parallèle, le projet vise aussi à rendre Anvers plus agréable à vivre, avec des couvertures du ring, de nouveaux parcs, des infrastructures cyclables et une forte attention portée à la mobilité durable.
Mais construire un projet de cette ampleur au cœur d’Anvers implique des défis exceptionnels. « Nous ne construisons pas cela au milieu de nulle part », explique Pieter Van den Dries de Lantis. « À certains endroits, nous travaillons littéralement à cinquante centimètres d’infrastructures existantes, tandis que des quartiers résidentiels, des entreprises et des tunnels continuent de fonctionner juste à côté du chantier. Et pendant ce temps, le ring doit rester opérationnel. »
« Par moments, on a vraiment l’impression de construire sur un mouchoir de poche », ajoute Anne Faes. « Entre les déviations temporaires, les tunnels de métro, les infrastructures existantes et les zones de chantier, tout doit s’imbriquer parfaitement. » Dans un tel environnement, l’accès à une information correcte et partagée ne relève plus d’un simple support : c’est une nécessité quotidienne.
Retour sur les origines du projet Oosterweel.
Il y a encore quelques années, le SIG au sein de Lantis était dispersé entre différentes équipes et partenaires externes. Les informations géographiques étaient principalement échangées via des fichiers Excel, des plans CAD, des PDF ou des tableaux de bord séparés.
« Avant, il fallait envoyer des e-mails à différents chefs de projet ou équipes pour rassembler les informations », raconte Anne Faes. « Nous recevions souvent des captures d’écran Google Maps ou des fichiers locaux. Cela faisait perdre énormément de temps. »
Cette fragmentation est devenue de plus en plus difficile à maintenir à mesure que le projet gagnait en ampleur et en complexité. C’est dans ce contexte que Lantis, avec ses équipes SIG et IT, a développé Oosterbeeld : une porte d’entrée centralisée vers les informations spatiales du projet.
Aperçu du projet Oosterweel aujourd’hui et de la transformation à grande échelle actuellement en cours à Anvers.
Oosterbeeld rassemble des sources de données très diverses au sein d’un environnement SIG unique et structuré. Images de drones, permis, modèles BIM, données de chantier, parties prenantes ou encore assets : toutes les informations sont réunies spatialement dans ArcGIS Enterprise.
« Nous considérons Oosterbeeld comme un point de départ », explique Pieter Van den Dries. « Un endroit où les utilisateurs obtiennent rapidement une vue d’ensemble et peuvent ensuite accéder, si nécessaire, à des applications plus spécialisées. » L’ergonomie et l’accessibilité ont joué un rôle central dans son développement.
« Nous avons volontairement conçu Oosterbeeld avec une approche centrée sur les utilisateurs », explique Anne Faes. « Les experts techniques peuvent toujours explorer les données en profondeur, mais pour beaucoup de collègues, l’essentiel est surtout de comprendre rapidement ce qui se passe. » Cette approche a également changé la perception interne du SIG et favorisé une adoption beaucoup plus large.
« Le SIG était auparavant relativement méconnu et peu utilisé », poursuit Pieter Van den Dries. « Mais plus les gens découvraient ce qu’il permettait de faire, plus les demandes et les projets se multipliaient au sein de l’organisation. »
Aujourd’hui, dans le cadre de la liaison Oosterweel, le SIG va bien au-delà de la simple cartographie. Les équipes l’utilisent pour rassembler et consulter en un seul endroit les données de chantier, les permis, les modèles BIM et les informations liées au projet.
Les responsables environnement, par exemple, utilisent Oosterbeeld pour analyser conjointement les situations de chantier, les permis, les parties prenantes et les impacts sur la mobilité. En centralisant les données spatiales, les équipes peuvent prendre des décisions plus rapidement et mieux coordonner leurs actions avec les entrepreneurs, les autorités publiques et les organisations de quartier.
« La force réside dans la combinaison de toutes ces informations spatiales », explique Pieter Van den Dries. « Cela permet d’obtenir une vision globale de ce qui se passe sur le chantier. »
Lantis intègre également directement les données BIM dans le SIG. Les utilisateurs peuvent visualiser sur la carte les contours d’ouvrages tels que des ponts, des tunnels ou des installations techniques, puis accéder à des applications spécialisées pour obtenir des informations plus détaillées.
Le SIG soutient également plusieurs processus opérationnels concrets du projet :
l’exploitation, la gestion et la maintenance des assets
la communication avec les riverains via des registres d’adresses
les procédures de permis et les périmètres administratifs
la collaboration avec les entrepreneurs via des applications terrain partagées
la planification et la coordination des travaux d’infrastructure avec des parties prenantes externes telles que De Lijn, la Ville d’Anvers, l’AWV et les services de secours
Un exemple concret est le suivi de la renouée du Japon sur et autour du chantier. Grâce à ArcGIS Field Maps et ArcGIS Enterprise, TM ROCO, Lantis et d’autres équipes concernées partagent les mêmes informations concernant les localisations, le suivi et les mesures de gestion. « Cela nous évite que différentes équipes effectuent le même travail en parallèle », explique Anne Faes.
Dans un projet où des centaines de personnes travaillent quotidiennement avec des données, la gestion des versions est essentielle. Les équipes doivent être certaines de travailler à partir des mêmes informations actualisées. Aujourd’hui, Oosterbeeld centralise ces informations dans une vue d’ensemble partagée du chantier.
« Si les données doivent être recherchées et recoupées à différents endroits, on n’est jamais totalement sûr de travailler avec la dernière version », explique Pieter Van den Dries. « Avec Oosterbeeld, nous veillons à ce que tout le monde parte de la même source. »
Les images aériennes et les relevés de drones hebdomadaires jouent également un rôle important. Les équipes peuvent suivre l’évolution du chantier à distance, revenir dans le temps et analyser des situations futures sans devoir se rendre systématiquement sur place.
Lantis étudie également la possibilité de développer à terme une version publique d’Oosterbeeld, afin que les habitants et visiteurs puissent visualiser sur leur smartphone l’évolution du quartier, aujourd’hui comme demain.
Dans le cadre du développement d’Oosterbeeld, Lantis a collaboré étroitement avec Esri BeLux, tant sur le plan technique que sur celui du partage de connaissances et de la collaboration entre les différentes parties prenantes.
« Esri BeLux nous a rapidement mis en relation avec les bonnes personnes et les bonnes expertises », explique Anne Faes. « Pas uniquement sur le plan technique, mais aussi en matière de collaboration et de partage d’expériences. »
Esri BeLux a également accompagné la mise en place d’ArcGIS Enterprise et l’intégration des différentes sources de données du projet. Aujourd’hui, les systèmes de planification, les modèles BIM, les systèmes d’assets et les données spatiales sont beaucoup mieux connectés entre eux.
Regard sur l’avenir du projet Oosterweel et sur la manière dont il contribuera à façonner la mobilité, les infrastructures et l’espace public à Anvers.
Même si la liaison Oosterweel est encore en cours de réalisation, Lantis réfléchit déjà à l’après-chantier.
Une fois les travaux terminés, le SIG et Oosterbeeld continueront à constituer la base pour la gestion des infrastructures, des assets, des terrains et des installations techniques sur l’ensemble de la zone du projet.
Pour Lantis, le SIG va aujourd’hui bien au-delà des cartes et de la visualisation. Il offre aux différentes équipes une vue d’ensemble partagée sur un projet en évolution permanente.
En savoir plus ?
www.oosterweelverbinding.be